DE ZERO A L’INFINI… OU PRESQUE !

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« Ma petite entreprise…, connait pas la crise »

Nous sommes en 2020 (peut-être un peu plus), Philippe AUMONT (dit FIFI par
ses collaborateurs) vient de prendre connaissance des statistiques
annuelles de ses clients.

Son cabinet de 13 personnes marche bien, disons mieux. Après un creux de
vague de 2015 à 2018, les affaires ont repris. Il se félicite d’avoir pris
conscience de l’importance des nouvelles orientations qu’il a décidées.

Et pourtant, que ne lui avait-on pas prédit ? il en avait lu des articles,
écouté des discours, vu des vidéos qui lui avaient fait presque regretter
d’être expert-comptable et de diriger un cabinet. Barbares par ci, nouveaux
éditeurs par là, tout y était passé pour le déstabiliser, l’ébranler dans
ses convictions qu’expert-comptable est un merveilleux métier.

Plus par habitude que par attrait, il était allé, à Paris, au congrès de
l’Ordre en 2015 (souvenez-vous, celui qui parlait du numérique). Il avait
emmagasiné des informations, compiler tout un tas de documentation,
discuter avec ses confrères, écouter de brillants orateurs et s’était dit :
« pas pour moi tout ça, laissons-le aux gros. Moi petit, je m’en sortirai
toujours, mes clients tiennent trop à moi, ils me resteront fidèles ». Il
en était resté là, arque bouté à ses convictions, travaillant comme un
malade, allant du four au moulin, d’un contrôle fiscal (d’ailleurs qui se
passait mal, parait-il que le FEC n’est pas conforme) à une mission de CAC
scotché par un inventaire plus que douteux.

Lisant vaguement la presse professionnelle, il voyait, comme une
ritournelle, le mot numérique fleurir des articles qu’il survolait à peine.
Toujours de doctes penseurs baragouinant des mots dont il ignorait,
parfois, le sens : blockchain, big data, firewall, proxy etc…Et le temps
passait. Et les clients, pourtant, pour l’instant restaient, mais le
renouvellement se tarissait. Bien sûr, il ne savait pas précisément combien
étaient partis et combien étaient arrivés au cours de la dernière année.
Quelle importance puisqu’on avait toujours du travail.

En 2016, par curiosité, il était à Bruxelles, plus pour du tourisme que
pour le thème (au moins pourrait-il passer ses frais dans sa comptabilité).
Quant au thème Fiscalité et Comptabilité, ce n’est pas le bar près du
cabinet qui allait en profiter, il avait assez de mal à contrôler la caisse
dudit bar. Par contre, comme une sorte de Congrès off, le
numérique continuait son œuvre. Dans les allées, à la buvette, à table,
beaucoup de conversations le prenaient pour thème :

« et toi, t’as fait quoi depuis Paris ? pas grand-chose

« je suis allé à l’atelier FEC, je suis pas clair chez moi,

« je suis bien allé à une réunion du CRO, mais ils restent sur les
principes, rien de concret ni de chiffrage des gains qu’ils mettent en
avant

« j’ai un stagiaire au cabinet, en réunion ils parlent entre eux, le mien
est un champion du clavier

« et je ne te parle pas de la DSN, quelle plaie ! (et dans le mot plaie, il
y a PAIE !)

Voilà ce qu’il avait entendu. Troublé quand même notre FIFI. Sur le chemin
du retour, il appela son stagiaire : « Allo, Julien, lundi matin, passez à
mon bureau, deux, trois trucs à vous dire, et surtout passez un bon week
end, on va parler de votre dada, le clavier » Il entendit comme un
soulagement au bout du fil.

En arrivant, bien sûr, il passa au cabinet voir le courrier et les messages
sur son bureau. Les mails étaient imprimés par ordre d’arrivée car il avait
oublié que sur son smartphone l’option internationale n’était pas activée.

Sempiternelles questions des clients (quand puis-je vous voir ?) et des
collaborateurs (le compte courant de Mr X est débiteur, je fais comment,
complément de rémunération ?), bref le train-train, il verra ça lundi
matin. 19 heures, samedi, il arrive chez lui. OUF, la semaine est finie.
Finie ? oui, mais son esprit reste accroché par ce qu’il a entendu à
Bruxelles. Les notes du dernier de ses enfants n’engendrent pas de
réaction, toujours bonnes, sa fille a eu une médaille au judo, content sans
plus, demain déjeuner chez Mamie, super.

Tout le week end, la petite musique bruxelloise lui reste dans la tête,
comme la chanson qu’on entend le matin dans sa salle de bains et qu’on
traîne toute la journée.

Tout ça, c’était avant, avant ? avant quoi ?

Avant le fameux rendez-vous avec Julien, le stagiaire. D’une demie heure
que devait durer l’entretien, ils y avaient passé la matinée conclue par un
déjeuner dont le stagiaire de l’époque (diplômé depuis) se souvient
surement encore.

En effet, après des premiers échanges que l’on qualifiera de respectueux,
le poids de la hiérarchie s’était effacé au profit d’un entretien à la fois
détendu mais dense. En fait de dense, c’est « danse » qu’il faudrait
écrire. Rasséréné par le comportement de FIFI, Julien se permit quelques
flèches sur le sujet prévu : le numérique. Et petit à petit tout y était
passé, de la prise de conscience du numérique à l’obsolescence de
l’équipement, des méthodes d’un autre temps à l’absence de site internet
actif, des services en ligne à la formation du personnel.

Bref, roboratif cet entretien, Julien avait fait part des discussions qu’il
avait avec les autres stagiaires où l’on peut comparer les différentes
méthodes dans les cabinets et où, de temps en temps, on peut trouver que
l’herbe est plus verte……ailleurs.

Julien s’était même permis une autre audace : déplorer, dans le cursus des
stagiaires, l’absence de formation au numérique en tant que tel. A
l’époque, il avait entendu parler d’une démarche du CRO d’Aquitaine,
modeste mais réelle. Les jeunes en 2016 étaient bien sûr, comme l’on dit,
des « natifs » de la souris, mais cela ne suffit pas. Le numérique, dans un
cabinet, ne s’improvise pas. Il faut une formation sérieuse et complète
déroulant tous les aspects du numérique.

Outre le repas, FIFI avait ingéré puis digéré tout ce qu’il avait entendu.
Il avait, en 2016, 45 ans et au moins 20 ans d’exercice professionnel
devant lui. Il s’en passe des choses en 20 ans ! La fougue et le tonus de
Julien lui avaient bien plu, il l’avait même découvert sous un autre angle.

« On en fera quelque chose si les petits cochons ne le mangent »
pensa-t-il. Eh bien, ce quelque chose, il est tout trouvé : MA CONVERSION
NUMERIQUE et celle du Cabinet.

C’était parti et aujourd’hui devant les statistiques de ses clients, il
mesure le chemin parcouru en quatre ans.

Julien était devenu le Pygmalion du numérique dans le cabinet sous le
contrôle vigilant et quasi-paternel de FIFI.

Dématérialisation intégrale des process du cabinet, services en lignes pour
les clients, formation en e-learning, questionnaires de satisfaction sur le
site, vidéo-conférences, digitalisation des clients, blog cabinet, présence
active sur les réseaux sociaux. Ô bien sûr, toutes ces actions avaient
demandé du temps, de la persévérance, de la rigueur et même un peu d’argent
(sic !), mais le résultat s’était progressivement fait sentir. Ce ne fut
pas de la génération spontanée, surtout au début, mais Julien se prit au «
jeu » et, petit à petit, les premiers succès arrivèrent.

Modestes, comme le maintien d’un client qui voulait partir faute de moyens
du Cabinet, puis plus significatifs, comme le succès du site internet pour
lequel le cabinet s’était fait assisté d’un professionnel du Web. Cerise
sur le gâteau, Julien soutint son mémoire sur l’expérience du cabinet qui
se trouve désormais à la Bibliothèque du Conseil Supérieur avec un 18 sur
20 lors de la soutenance !

FIFI se replongea dans les statistiques annuelles de ses clients, toujours
surpris de ce qu’il apprenait sur le cabinet et sur ses clients à travers
ce document.

Et qu’avait-il sous les yeux ?

Une parfaite synthèse de l’activité du cabinet au cours des douze derniers
mois sous tous ses aspects :

– D’une part, tous les indicateurs du cabinet :

o Commerciaux par client, par mission, o Sociaux : masse salariale, temps
de travail, absentéisme, etc… o Financiers : trésorerie, en-cours clients,
flux par banque, o Couts divers par fonctions : informatique interne, coût
des services en ligne et marge brute dégagée etc…

o Site internet : flux entrants, sortants consultations (durée, nb de pages
lues) etc… o Etc…

– D’autre part, tous les indicateurs des clients :

o Les plus gros en CA, en effectif, l’export, o La localisation : important
pour le service en ligne o Leurs investissements, leurs financements o Les
banques des clients classées par flux o Le cout de certains services chez
le client : carte bancaire, assurances etc o Leur plus gros fournisseur,
client….

o Le TOP 10 par code NAF o Une synthèse par activité, comme une monographie
interne… o Etc….

Tout ça sur douze mois, sachant que la période pouvait être paramétrée et
donc scindée, tout ça par chef de mission, sur l’exercice clients ou
l’exercice cabinet.

Impossible ?

En 2020, ce qu’on appelait le BIG DATA en 2016, avait fait des progrès.

Au fait BIG DATA ? Késako ?

Ne soyons par créatifs et reprenons ce que dit notre Président actuel du
CSOEC (Philippe ARRAOU) citant le cabinet GARTNER :

« le BIG DATA regroupe une famille d’outils qui répond à une triple
problématique :

– Un volume important de données

– Une grande variété de données provenant de sources
diverses

– Une grande vitesse de collecte, de stockage et
d’exploitation

La règle des 3 V »

Et tout ça dans un cabinet ? Réponse, OUI. Je rêve ?
Réponse : NON

Recherche et technologie aidant, nos éditeurs ont, enfin, réussi à mettre à
notre disposition les outils qui nous ont permis, depuis lors, d’avoir un
accès libre et ergonomique de toutes les informations dont dispose le
cabinet tant sur sa propre activité que sur celle des clients.

Et, en plus, ils l’ont fait EN Français !! en clair, plus de paramétrage
compliqué ou, d’une fois sur l’autre, ce dernier a été oublié.

Ils ont utilisé les outils de l’intelligence artificielle qui ont pris de
l’ampleur mais qui sont surtout utilisés, comme par exemple les BOTS.

Les BOTS ? : traduction : robots, BOTS étant la terminaison du mot ROBOTS
au pluriel. Mais arrêtons de parler technique et outil.

FIFI a sous les yeux tous les éléments d’information qu’il va pouvoir
utiliser pour se consacrer aux missions à valeur ajoutée que réclament ses
clients.

Ces éléments seront bien sûr à analyser pour à la fois cibler la nature des
nouvelles missions, mais aussi cibler les clients à qui il va les proposer.

Notre chef de cabinet oriente dès lors sa stratégie marketing, possède les
informations adéquates et valide les nouvelles offres ou annule les
anciennes.

Il pourra communiquer tant en interne qu’en externe.

Et poursuivre sa croissance retrouvée.

CONCLUSION

Fable, direz-vous ? Les prévisions n’engagent que ceux qui les écoutent ou
les lisent, dit-on.

Faisons ensemble le pari de l’avenir, le pari du progrès, le pari du
progrès de la Profession.

Tous devront s’y mettre Ordre, Professionnels et Editeurs.

– L’Ordre, engagé déjà, qui lance le CAP SUR LE NUMERIQUE
le 8 novembre prochain

– Les Professionnels, tous les professionnels qui aiment trop leur métier

– Les Editeurs (anciens ou nouveaux) qui nous accompagneront

Nous sommes encore proches du ZERO, visons l’INFINI ………ou presque